Eperon nord du Petit Vignemale, Aiguilles du Clos de la Hount et Aiguille SW de Cerbillona

Malgré plusieurs visites à ces grands voisins, le Petit Vignemale nous était resté infoulé. Dès lors, quelle plus belle première pouvions nous faire que de s’y rendre par son Eperon Nord ? 

Quel plaisir de pouvoir marcher dès le vendredi soir accompagné d’un clair de lune tellement lumineux qu’il rend la frontale obsolète. Le lac de Gaube étincelle tandis que Samuel me conte l’histoire du couple noyé et de la dame du lac qui vient se montrer de temps à autres sur les rives. Nous marchons sans effort, les sacs légers malgré les deux brins de 50m. La cabane du Pinet est rapidement atteinte et nous pouvons savourer notre première bouteille de vin. Les murs relâchent doucement la chaleur emmagasinée et nous sommes bientôt bercés par le ronron des réchauds. Le clair de lune est fascinant ce soir et ce n’est qu’à 1h passé que nous rejoignons nos duvets.

La remontée de cette vallée avec la face nord du Vignemale qui se fait de plus en plus large et grandiose a une saveur toute particulière et peu d’endroit de la chaine offre ce spectacle. D’autant plus quand elle s’effectue à l’aube, sans croiser âme qui vive. Nous passons le refuge endormi et continuons de grimper, l’Eperon Nord apparait enfin. Le glacier, à son plus bas à cette époque de l’année, offre un visage amaigri et quelque peu attristant.

Pour rejoindre le pied de la voie, quelques mètres seulement de glace vive nous séparent mais nous sommes bien obligés de chausser les crampons. Début difficile à discerner, dalle blanche compacte ou filon d’ophite, nous montons trop et la pente couplée à la glace dure nous met déjà à l’épreuve. En équilibre sur la rimaye, nous débutons dans le filon d’ophite, finalement situé comme marqué sur le topo, à une dizaine de mètres du point le plus bas de l’Eperon.

Coutumiers des arêtes, c’est notre première face dans ce niveau (D-) et notre première aussi avec autant de corde, il y a du tirage et ça s’emmêle ! D’autant plus que, peu habitués aux relais équipés (quelle chose étrange), nous ne les attendons pas et montons les nôtres. Un brin de 50 à double nous aurait surement suffit*.

Nous avançons tranquillement, moi en grosse, Samuel en basket, la vue est splendide et malgré une impossibilité de poser le sac ou de changer de fringue, nous prenons un plaisir fou, c’est ludique, changeant, les pas sont variés et sans cesse, nous devons chercher l’itinéraire qui ne se dévoile jamais très clairement.

Arrivés au sommet, nous avions prévu d’enchainer par la traversée Petit Grand mais malgré la cotation PD, ce n’est pas engageant. La fatigue aidant, nous optons pour un bivouac plus bas, proche des grottes Bellevue. La seconde bouteille prévue pour la grotte du Paradis est finalement tout aussi bonne ici !

Le lendemain, nous remontons le glacier en direction des Aiguilles cachées du Clos de la Hount et du Cerbillona.

Plus qu’un effort numéraire, la quête des sommets à 3000m permet cette petite folie qu’est la visite de coins, de cimes, absolument paumés et à la fréquentation presque nulle. Car, il faut bien l’avouer, ces sommets n’ont qu’un intérêt très limité. Mais c’est un plaisir de fin gourmet (montagnard) que de pouvoir parler de la Pointe Reboul Vidal ou de l’Algas SE !

Bref, Samuel a heureusement imprimé les topos et les photos car, une fois descendus dans cette face croulante (on était prévenu), c’est peu évident, au « col remarquable » (http://igertu.blogspot.fr/2011/08/20110809-agujas-de-la-clot-de-la-hount.html) nous partons trop à gauche, descendons trop, gravissons une aiguille qui semble avoir les 10 mètres de proéminence (critère d’un sommet) pour se rassurer mais ça ne colle vraiment pas à la photo… Bon, retour au col remarquable, on tourne un peu, et là, en contrebas à droite apparait l’Aiguille Supérieure, immanquable finalement.

Rebelote, descente dans de l’éboulis raide parsemé de désescalade puis grimpe à l’Aiguille Supérieure. Ca se corse pour l’Inférieure, rien qu’atteindre la première corde fixe nous semble compliqué et nous préférons tirer un rappel. Idem à la seconde corde fixe, on tire un autre rappel. L’escalade de l’Aiguille est une formalité, pas la remontée jusqu’au Clos de la Hount…

14h, manger un bout puis se rendre à l’Aiguille de Cerbillona, évidente dans sa localisation mais pas à coté ! Encore de l’éboulis qui part en avalanche, nous n’osons pas trop penser au retour, les cuisses sont déjà bien amochées. Escalade finale facile mais agréable. Remontée sur la partie rocheuse moins pénible que prévue.

Descente du glacier, montée à Bayssellance, redescente de l’autre coté, le chemin parcouru le matin parait vachement plus long maintenant, dernier regard à l’Eperon, à la face nord du Vignemale, le soleil tombe, on avance à bon rythme mais la nuit arrive vite, frontales sorties à la cabane du Pinet, retour à la voiture sans jamais avoir vu la lumière percer dans la forêt.

*à noter que beaucoup préfère dans ce type de voie un brin de corde à simple. Mais nous n’avons pas ça en stock et nous apprécions la sécurité des deux brins.

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