Arête Salenques Tempêtes, Aneto, Maladeta et 15 autres 3000

 

Salenques Tempetes prem

Surement une des plus belles courses des Pyrénées, une voie cotée D sans grosses difficultés techniques mais à l’esthétique rare: dalles plongeantes, crêtes effilées, gendarmes posés en équilibre sur le fil et le tout s’étendant sur une belle longueur.

Liste d'équipement

 

Connaissant trop bien le départ à l’Hospital de Benasque, nous optons avec Samuel pour débuter à l’Artigue de Lin. Une heure de voiture en moins depuis Bordeaux et pas d’allongement notable de l’itinéraire.

Deux possibilités ensuite, passer par le Col Deth Horo / de Toro (itinéraire en bleu) ou le Col des Aranesi (en rose).

La continuité du tracé rose est une idée qui permet de rallonger la course et la rendre plus harmonieuse en reliant toute la crête: Tuc de Molieres au Pic de Salenques (F) puis au col de Salenques où débute la voie. Cependant, il y a peu d’info sur le tronçon Pic – Col.

Suite à un échange de mail avec Philippe Queinnec (http://philrando.free.fr) et l’observation de cette arête sur place, on peut imaginer que cela ne dépasse pas le AD. Quant à nous, nous avons pris le parti de la facilité en passant par le col entre Barrancs et Salenques.

 

Partis à 22h30 le vendredi soir, nous suivons le panneau Col des Aranesi. Il fait nuit, des yeux brillent dans le faisceau de nos frontales. Mais trop loin pour reconnaitre l’animal. Parfois immobile, parfois rapide. Nous finissons par apercevoir des biches. Les billes luisantes continuent, maintenant dans les arbres. Une odeur de charogne inonde l’air, impossible de s’en défaire sur des dizaines de mètres. Toujours guettés de partout, ambiance étrange.

Un point GPS plus tard, mauvaise direction, nous montons au Col Deth Horo. Pas grave, nous dormirons à son lac. Montée assez sèche, nous arrivons sur les rives vers minuit. Des cris me réveillent, bruit connu et peu agréable, l’aboiement du renard. Rien à taper d’être éclairé, je passe au boule quies… Départ vers 6h30 en direction du Tuc de Molieres puis nous bifurquons vers le col entre Salenques et Barrancs. Vue grandiose sur l’arête que nous allons parcourir ainsi que sur l’Aneto et la Maladeta à l’extrémité droite. Descente puis remontée au col, pas de difficulté mais prévoir deux bonnes heures du lac au col (dénivelé négatif à faire).

Le parcours:

Au final, seulement deux difficultés notables, le passage de V- (petites prises de mains) et le passage de V (peu de prises). Ce dernier peut être évité en passant par une corniche puis une cheminée sur la gauche. Même si la corniche est moins impressionnante en vrai que sur les photos, ce passage est moins esthétique que la continuité du fil. Nous avons donc opté pour le pas de V qui ne nous a pas posé de soucis. La suite jusqu’au Pic Tempête est très plaisante, escalade facile sur excellent rocher.

C’est à partir de ce Pic que cela se gâte. L’accès à l’Epaule de l’Aneto se fait avec des suites de désescalades en rocher croulant et délité. Ces passages ne sont pas soulignés sur les topos et ils sont pourtant peu agréables. Arrivée à l’Epaule vers 19h, deux places de bivouac accueillantes: plates et protégées du vent dominant, bivouac.

Levée du jour à l’Aneto, nous avons toute la journée pour improviser. Pas de topo en main mais l’Arête du Milieu semble accessible et surtout elle est dans le prolongement parfait de notre itinéraire de la veille. Passage à la Pointe Oliveras avant de prendre de l’eau au Col de Coronas (enfin ! dernier point d’eau rencontré en dessous du col entre Barrancs et Salenques…).

Accès à la crête par le Tuc du Col de Coronas (nous n’avons malheureusement pas vu l’Aiguille du même nom). Escalade facile jusqu’au Pic du Milieu en restant sur le fil de l’arête. On s’encorde pour rejoindre la Pointe d’Astorg, deux pas un peu compliqués que nous coterions AD. Il est surement possible de réduire la difficulté en descendant un peu sous le fil coté ouest.

De la Pointe, un rappel est nécessaire jusqu’au col (ou désescalade chiante peut être). Un guide espagnol est présent avec deux clients. Le premier passage pour monter au Pic Maudit est tendancieux et un assurage depuis le col est bienvenu. J’observe les deux clients montés en flèche quand le dernier chute et fait un beau pendule avant de heurter lourdement l’autre coté de la face. Des lourdes pierres lancées dans la pente émanent une odeur de cailloux chauds. Pas de casse, le friends a tenu, il continue.

Arrivés au Pic nous cherchons comment descendre au Col Maudit, rien de bien clair ne se dessine. Sur l’arête il semble y avoir des gros blocs lisses impossibles à désescalader et nous préférons éviter de lancer un rappel dedans. On opte pour une descente dans la face au milieu d’éboulis instables. Appuies précaires, rien de fiable, je déteste ça. La neige est en vue, trouver un rocher apte à recevoir la corde n’est pas commode et celui que nous choisissons n’a rien d’exceptionnel. Surtout pas d’à-coup, la sangle n’est enfilée que sur 5cm de becquet…

Le bout arrive pile à la rimaye, heureusement pas très large, il n’en fallait pas plus… Mettre les crampons encore à moitié suspendu au rappel et vaguement vaché sur un friends, le bonheur. Descente et pause au Col Maudit. La faille derrière est impressionnante, vertigineuse ! Des dalles grises claires empilées jusqu’au Pic Maudit, magnifique. Montée au Pic Abadias puis à la Maladeta, pas de difficulté en suivant à la lettre les cairns à l’ouest. Retour au col par le même chemin sans être passé à l’antécime NE de la Maladeta, sommet à 3235m sur l’arête du Portillon.

41-arête http://lagrolenpyrenees.blogspot.fr/2012/07/maladeta-mythique-devenu-sauvage.html

De là débute une interminable descente jusqu’au Plan d’Aiguallus puis bifurcation au nord-est pour rejoindre le Col Deth Horo duquel nous descendrons dans la purée de pois jusqu’à la voiture.

Genoux en vrac, mains amochées d’avoir touchées autant de rocher, mais quelle sortie ! Que de sommets marquants ! Surement la plus belle promenade réalisée en deux jours.

Photos (certaines sont annotées pour la compréhension des passages):

Sommets parcourus (ordre chronologique):

Fourche Vallon Bleu / Forca Estasen 3028m
Tour de Salenque 3111m
Premiere Saillie de Salenque 3127m
Deuxieme Saillie de Salenque 3148m
Pic Margalide 3241m
Pic des Tempêtes 3290m
Pointe Brèche Tempêtes 3274m
Epaule d’Aneto 3350m
Aneto 3404m
Pointe Oliveras Arenas 3298m
Tuc Col de Coronas 3286m
Pic de Coronas 3293m
Pic du Milieu 3346m
Pointe d’Astorg 3355m
Pic Maudit 3350m
Pic Abadias 3279m
La Maladeta 3308m

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